Les articles a sa memoire

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Les articles a sa memoire

Message  Admin le Mer 25 Juin 2008 - 12:41

Bienvenue TLM.......

Ce site est dedie specialement et uniquement a la memoire de notre cher feu Salim Halali

a sa carriere musicale.......

a son fameux Night-Club le "Coq d'or"

Vous etes tous invites a contribuer et ajouter et ecrire sur tous les

sujets le concernant


1er Article:
Mercredi 25 Juin 2008
Hommage. Salim Halali : L'adieu à un libertin


Par Chadwane Bensalmia
Hommage.
Salim Halali : L'adieu à un libertin

à 86 ans, Salim Halali s'est éteint loin des siens. De son public qui l'a adulé. De ses successeurs qui l'ont admiré. L'auteur des plus grands chefs d'œuvre du répertoire judéo-arabe, festif et libertin à souhait, n'est plus.


Encore un qui nous quitte. Encore un qui disparaît dans un quasi-anonymat et qui n' aura eu son quart d'heure de gloire qu'une fois parti là où il n'en aura plus besoin. Public oublieux, ironie de la vie ou ingratitude de la scène ? Peu importe. Désormais, Salim Halali est mort et enterré. C'était il y a plus de deux mois. Parti dans la solitude de ses 86 ans, dans la
froideur du soleil glacial de son "exil", à Cannes, là où -presque- personne ne venait plus le voir.
Cela faisait quelques années cependant que le monstre à la voix de gitan s'était retiré de la scène -vaincu par le temps qui passe-, mais non sans avoir laissé à ses successeurs un répertoire intemporel de chansons judéo-arabes. Dour biha ya chibani, Sidi Hbibi, Mehhenni Zine, Sbert mazal nesber…. Autant de titres qui meublent aujourd'hui -et sans doute à jamais- le répertoire musical de nos fêtes et qui sont entrés par la force de leur génie dans notre patrimoine musical.
"Parler de Salim Halali, c'est exactement comme parler d'Oum Keltoum. Ce n'est pas la chanson qui compte, mais le chanteur, sa voix, sa prestance, sa manière d'enfiévrer son monde avec des "Mawwal" d'une phrase, mais chantés avec des dizaines de notes et sur une quasi infinité de gammes, avec une facilité et une aisance uniques" atteste, plus que jamais admiratif, Maxime Karoutchi, lui-même un des derniers - sinon le dernier- des chanteurs judéo-marocains à perpétuer dans son pays un genre musical, un art de vivre douloureusement absents. "Souvent on me demande de chanter des titres de Salim, mais je ne peux pas. J'ai beau maîtriser ma voix, je n'arrive pas à sortir les vocalises qui respecteraient sa maestria. Sa voix est un violon. Il n'y a pas de cases pour se repérer. C'est un voyage aléatoire…vers le plaisir" poursuit notre homme.
Place Mexico, le mois de mai dernier, dans le crachin parisien, Claude Botbol avait un pressentiment "Il n'en a plus pour longtemps. Il est vieux et fatigué. Seule sa voix, sa musique me rappellent combien il est grand, combien il est fort". Ce respect à la filiation musicale n'est pas dû au hasard. Claude aussi est un puriste. Lui aussi refusait de courir le cachet. Lui aussi faisait partie de cette génération qui a mis son art, sa "senâa" au-dessus de tout. Au-dessus des clivages religieux. Claude Botbol, ses frères Hayem et Marcel font partie aussi de ces monstres sacrés qui ont forcé la porte, placé la délicieuse musique judéo-marocaine, libertine à souhait, dans le patrimoine génétique des Marocains. Salim disparu, c'est une partie de leur richesse, de leur âme qui s'en sont allés aussi. Curieux destin que celui de Monsieur Halali. Il est né en Algérie, à Annaba avant de suivre sa petite famille au Maroc. C'est peut-être cela qui donne cette sensation de voyage, cette dimension maghrébine… méditerranéenne (une identité qu'il revendiquera dans une de ses chansons, simplement titrée Méditerranéen) à son répertoire. Le jeune Salim est sensible, différent, il aime les hommes et il ne s'en cachera jamais. Il aime l'ivresse, perdre ses sens, jamais le contrôle. Tous les soirs, avant de monter sur scène, il se noie dans le whisky. Salim buvait parce qu'il avait peur. Peur de décevoir un public qui l'adulait, qui accourait dans les cabarets ou les soirées privées cachant pour certains un magnétophone, pour voler des instants de bonheur…de communion. Il a bu aussi pour oublier. Lorsque Pierre, l'amour de sa vie est mort, fauché par le destin… un carrefour, une voiture… il ne s'en est jamais remis. Il lui restait la musique pour survivre. Le regard aimant des autres pour se consoler. Sa sœur, son unique famille, son autre grand amour qu'il a chanté dans Mounira. Une délicieuse ballade andalouse, gitane avec un soupçon de gharnati où il porte au firmament le prénom de son aimée. C'était ça aussi, Salim. Il savait donner, mais il savait aussi prendre, rendre hommage. Sa version de Aalach ya ghzali en est une parfaite illustration. Naturellement, sans forcer, avec douceur, il nous induit en erreur, il nous amène par la main vers les rives du Nil avant de nous déposer, sans crier gare dans un cabaret de Casablanca. Dans son cabaret. "Le coq d'or", aujourd'hui disparu, pour nous raconter les débuts de Hajja Hamdaouiya, alors danseuse chez lui. Il y jouait de la derbouka. C'est lui qui l'encouragera à chanter, sans doute parce qu'elle avait une certaine faculté qui lui échappait : chanter du Haouzi. Pourtant, Salim n'avait rien à envier à sa protégée. Sa palette musicale allait au-delà de tout ce que les musiciens de sa génération pouvaient faire. Il chantait en français, en espagnol, en dialectes marocain, tunisien, algérien de l'est. Au coq d'or, on se battait pour en être. Et personne n'échappait au fluide qu'il dégageait. Même pas le sultan Mohammed V. Même pas Mohamed Abdelwahab. Même pas la diva Oum Keltoum qu'il chantera sur scène, en Israël. L'emprise était tellement forte que toute une génération de chanteurs s'est vue estampillée du cachet "les petits Halali". Il était leur parrain, leur maître, leur idole. "C'est que des Salim Halali, on n'en fait qu'un seul dans l'histoire musicale" martèle Maxime Karoutchi. Jamais il ne revendiquera ce statut. Et chaque fois qu'il pourra donner des conseils, lancer des jeunes, il le fera. Il avait le cœur gros comme ça, Salim. à chaque Aid Lekbir, il mettait un point d'honneur à offrir à chacun de ses employés un mouton pour le sacrifice. Des petits gestes, un altruisme, une générosité qui font aussi sa légende. Il concevait son métier comme un artisan amoureux du beau, du parfait.
Dans les années soixante, alors qu'il se rendait à la boutique du père Pinhas, à l'époque matelassier, pour refaire sa literie, celui-ci lui annonce la bar-mitsva de son fils. Salim lui promet alors de venir y chanter. Mais uniquement après le dîner, pour que son public l'apprécie à sa juste valeur. Il était comme ça, Salim. Le chant était une affaire sérieuse, quasi-mystique, une épreuve de force. "Un simple homme ? Non. Un magicien de la note. Le seul à pouvoir sortir un "ya lil" où des dizaines de notes viennent s'entreposer délicatement, joignant des sonorités andalouses, orientales, marocaines" poursuit Maxime.
Par sa musique, Salim savait souffler la vie dans le cœur de tous… alors que la sienne s'évacuait subrepticement chaque fois qu'il offrait une note, que le souffle de sa musique touchait le public. Sur scène, il semblait se débattre, il allait au-delà des limites, violentant son micro à la manière d'un chanteur yéyé des années 60. D'autres fois, il avait la grâce d'un Molina ( célèbre chanteur de flamenco). Et d'autres, la sensualité d'une diva du gharnati… Il n'en finissait pas, ambigu, passionnant. Au Maroc, les derniers à l'avoir vu sur scène sont ses compagnons, qui l'ont vu grandir, qui ont vu son étoile monter au firmament. Les vieux du home de la rue Verley Hanus à Casablanca. Les derniers témoins de la vitalité du judaïsme marocain l'acclameront dans une soirée de gala. L'ultime communion et une dernière fièvre avant de repartir en France. Et s'éteindre quelques mois plus tard. Il n'avait peut-être plus la force de vivre. D'attendre cet hommage - venu peut-être un peu tard- que lui réservait la ville d'Essaouira pour son festival des Andalousies Atlantiques (du 15 au 17 septembre dernier). Ce "quart d'heure de gloire" posthume, peut-être qu'il n'en voulait plus.

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Re: Les articles a sa memoire

Message  Admin le Mer 25 Juin 2008 - 15:15

Une citation de mon frero Kaki:

...salam tres cher frere maurice...je viens de decouvrir ton sujet sur le grand monsieur salim lahlali et je te dis tout simplement bravo cette rubrique est largement meritée et c est grace a des gens comme toi que la "memoire" demeure qu allah l eternel te preserve pour nous tous...et comme le dit si bien monsieur salim "illa y habouk artah"...amitiés...kaky...
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Re: Les articles a sa memoire

Message  Admin le Mer 25 Juin 2008 - 15:39

Salim Halali, est né un 30 juillet 1920 à Bône (Annaba). C’est à Paris qu’il rencontre Mohammed Iguerbouchen qui lui composa des morceaux à sa mesure. Il échappe à la déportation grâce au recteur de la grande mosquée de Paris qui lui délivre une attestation de conversion à l’Islam au nom de son père et fait graver le nom de ce dernier sur une tombe abandonnée du cimetière musulman de Bobigny. Salim Halali est mort en juillet 2005 à Vallauris.

Lili Boniche est né en 1921 dans la basse casbah d’Alger, de parents juifs originaires de Petite-Kabylie Akbou). Il fut l'élève de Saoud l’Oranais. Lili Boniche décide de moderniser son style, il écrit des dizaines de chansons, "Elles me venaient toutes comme ça, sans réfléchir ". Il fait dans le tango, le paso doble, le mambo,tous les rythmes en vogue, il les enrichit de phrases mélodiques typiquement arabes. Il crée la chanson populaire algéroise, mélange de mélopées juives et gitanes, d’airs glamour et de flamenco. Lili Boniche est décédé le 06 mars 2008 à Paris.


envoye par Suzanne de Napoli

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Re: Les articles a sa memoire

Message  Admin le Mer 25 Juin 2008 - 15:43

Tout d'abord un grand bravo à Maurice pour cette rubrique concernant Salim.
Je souhaite apporter une petite contribution : vous pourrez trouver quelques un des plus grands succés de Salim en écoute integrale sur le site :
www.deezer.com.
En effet il faut taper : Halali dans le moteur de recherche pour obtenir la liste des grands succés de Salim qui sont disponibles.
envoye et courtoisie de notre cher Marco

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Re: Les articles a sa memoire

Message  Admin le Mer 25 Juin 2008 - 15:50

...salam au super coq d or de notre cher frere maurice dadoun et gloire a l eternel...et dire simplement que notre maurice avec son amour infini pour le grand artiste que fut monsieur salim lahlali qui l a pousser a creer ce forum ou l on vient pour se rememorer cet illustre personnage...encore une fois monsieur salim nous aurait dis...illa yhabouk artahhhh....amities...
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Re: Les articles a sa memoire

Message  Admin le Mer 25 Juin 2008 - 18:00

Salim Hilali est né à Bône (Annaba) en Algérie le 30 juillet 1920, d'une modeste famille de boulangers Juifs, originaire de Souk Ahras. berceau d'une des plus grandes tribus Chaouia, les Hilali. Très jeune, il quitte ses parents et débarque à Marseille en mars 1934 d'un bateau "moutonnier". Il "monte" à Paris pour l'Exposition universelle de 1937. Il y commence une carrière de chanteur espagnol. C'est sa rencontre avec les chanteurs Bachtarzi Mahieddine et Mohamed Elkamal qui marquera le début d'une carrière fabuleuse de chanteur oriental. En 1938, il fait la tournée des capitales européennes avec la troupe de Mahieddine et, la même année, il se produit dans un spectacle grandiose dans le plus grand cinéma de Marseille, place du Théâtre. Il ne tarde pas à "monter en flèche". Malgré son amour pour le chant espagnol il est resté très attaché à la musique algérienne et il détiendra le record de la vente des disques en Afrique du Nord.

En 1940 il fut sauvé des camps de concentration grâce à l intervention de Si Kaddour Benghabrit, recteur de la Mosquée de Paris, qui lui délivre une attestation de conversion à l'islam au nom de son père et qui pour corroborer cela, fait graver le nom de son père sur une tombe abandonnée du cimetière musulman de Bobigny. De plus il le fait engager au café de la Mosquée de Paris où il s'est produit régulièrement avec des artistes aussi importants qu'Ali Sriti et Ibrahim Salah. En 1947, il crée un cabaret "Ismaïlia Folies" dans l'hôtel particulier de Ferdinand de Lesseps, avenue Montaigne à Paris. En 1948, il en crée un second, "Le Sérail", rue du Colisée.

En 1949, au sommet de sa carrière, il choisit de vivre au Maroc où il est, comme partout, reçu dans les grandes familles. Il installe à Casablanca un des plus somptueux cabarets du monde, "Le Coq d'Or" avec six salons décorés de draperies tissées d'or et de meubles Louis XV authentiques. A cette époque il est souvent allé à Tunis pour engager des artistes chanteurs et musiciens, entre autres "la grande dame" de la chanson tunisienne, Chafia Rochdi, à laquelle il vouait une admiration sans bornes.

En 1965, il se retire à Cannes dans une magnifique villa où il vit entouré d'oeuvres d'art et de bibelots rares. La passion de la chanson ne l'ayant jamais quitté, le voilà en 1970 qui entreprend une deuxième carrière, cette fois en français, avec une musique qui reste néanmoins très influencée par la musique arabe. C'est la première fois qu'un chanteur oriental tente de faire carrière en Europe en y apportant ce qu'il y a de mieux dans la musique arabe, le rythme et le raffinement de la mélodie. La parution d'un disque chez Polydor en 1970 fut suivie par un grand gala dans une salle inhabituelle pour la musique de variétés: "la salle Pleyel", réservée d'ordinaire aux divas et autres grands interprètes de musique classique. La salle était comble le soir de cette première internationale mais le public habituel de Salim, qui lui faisait fête, le tira insensiblement vers ses grands succès de la musique arabe.Le lendemain, la presse unanime ne tarissait pas d'éloges sur la nouvelle étoile que le monde occidental venait de découvrir. Les radios et la télévision firent le siège de l'artiste pour obtenir une interview ou pour l'intégrer dans leurs grandes émissions. Salim fut terrorisé par cet assaut médiatique qui dérangeait la retraite dorée qu'il s'était construite dans sa grande villa de Cannes

Fuyant la vie trépidante qui risquait de devenir la sienne, il préféra retrouver sa vie paisible et tranquille, ne donnant accès à personne dans sa vie privée et ne prenant de "bain de foule" que de temps à autre, selon son bon plaisir et non par obligation professionnelle. Il indemnisa totalement la compagnie de disques pour les frais engagés et reprit sa liberté .

Il avait consacré près de quarante ans à la musique maghrébine qu'il avait servie avec tout son talent, suscitant des vocations et une multitude d'imitateurs qui ne se cachaient pas pour lui emprunter un style qui a marqué toute une génération ou puiser allègrement dans son répertoire. Bien des artistes, dont Enrico Macias, n'ont fait que suivre une voie toute tracée. Depuis les années 70, il n'a jamais cessé d'enregistrer des chansons, dépensant des sommes colossales pour monter d'abord un studio à Cannes et ensuite un autre à Paris, pour son plaisir personnel. Il y passait des nuits entières et y conviait les meilleurs musiciens arabes et espagnols. Mieux encore, le "métier" aidant, sa voix et son art se sont affirmés, apportant à son interprétation une souplesse et une sûreté infinies et faisant de lui un artiste inégalable.

En dehors de ses activités d'antiquaire, où il a montré un goût sûr et délicat, il n'a jamais refusé de faire des galas sur la Côte d'Azur, à Paris, au Maroc, à Montréal. Sa spécialité était l'animation des mariages des grandes familles du monde arabe: le roi du Maroc qui avait pour lui la plus grande admiration l'a convié au mariage de sa fille aînée, lui faisant un pont d'or. Pour cerner ce personnage hors du commun, je vous invite à vous reporter à ce que dit de lui un journaliste canadien, Nighthawk, de la Gazette de Montréal, qui a assisté au spectacle que Salim a donné en novembre 75 à Montréal, Place des Arts, devant mille huit cents personnes: "Ses chansons sont presque toutes arabes, avec une touche de modernisme, dans le style qui a donné naissance au flamenco. Salim Hilali est énergique, dynamique, plein de charme et il établit une relation très intime avec son public, à la façon de Manitas de Plata. Il entre en discussion avec un spectateur, tourne un compliment à une dame au milieu d'une chanson. Il s'arrête pile dans une chanson triste et s'embarque sur un solo de darboukha qui fait naître des battements de mains dans le public, dans une frénétique accélération de rythme. Il s'investit totalement dans son chant, se donne dans la joie avec des caprices d'enfant gâté. Il vocalise sur chaque syllabe et les variations se succèdent en une arabesque fleurie dans une orgie de couleurs.D'une chanson française assez pauvre quant au texte, il a su faire un kaléidoscope de sons d'une durée de quinze minutes. Il connaît à la perfection tous les secrets du chant oriental".

Voici donc, pour finir de retracer cette carrière éblouissante, un dernier album consacré à "Salim Hilali au Maroc". pays où il a résidé pendant plus de dix ans. Il y est présenté les oeuvres typiquement marocaines qu'il interprétait régulièrement au "Coq d'Or" et dans ses galas au Maroc et à l'étranger

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Re: Les articles a sa memoire

Message  Admin le Jeu 26 Juin 2008 - 17:55

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Salim HILALI
1920 - 2005

D’une élégance inouïe, ce cosmopolite, polyglotte, humaniste et universel qui brassait des fortunes, a fini ses jours dans l’anonymat et la déchéance. " Ya hasra aâla douk liyyam " ! "Moi, je suis d’un pays et d’une race étrange Je n’ai pas d’horizons, de frontières à mon cœur Le chant d’une guitare et puis mon âme change Je n’ai plus de parents Ici je n’ai que des frères et des sœurs de cœur… Mon pays c’est l’amour et j’aime avec outrance les enfants des faubourgs…" A feuilleter son passeport français, on apprend que Shlomo ou Simon Halali, dit Salim Hilali, est né un 30 juillet 1920 à Bône (Annaba), à la frontière algéro-tunisienne. Issu d’une famille de Souk Ahras de 12 éme génération, berceau des plus grandes tribus Chaouia, les Hilali, descendants de la Kahéna la magnifique, la prêtresse aurésienne qui régna sur l’Ifriquia (actuel Maghreb) avant la conquête arabe. Son père est d’origine turque et sa mère (Chalbia) une judéo-berbère d’Algèrie. A quatorze ans, il quitte le cocon familial, prend le large et débarque en 1934 à Marseille, éjecté d’un bateau dont la seule cargaison fut un troupeau de moutons. A l’occasion de l’exposition universelle de 1937, il monte à Paris pour y débuter une carrière de chanteur de charme espagnol. Sa rencontre avec Mohamed El Kamal et Mahieddine Bashtarzi fut décisive. Ils l’initient au chant arabo-oriental, l’intègre à la troupe "Al Moutribia", fondée par le grand Edmond Yafil, pour une grande tournée dans les capitales européennes. C’est à Paris qu’il rencontre Mohammed Iguerbouchen, fondateur du Cabaret Al Jazair, rue de la Huchette, et génie de la musique, qui lui composa des morceaux à sa mesure. Son étoile ne cessa de briller depuis. Ses disques connaissent des ventes record et deviennent, dans l’effervescence des années quarante, "la coqueluche des radios d’Alger, Tunis, Rabat et Tanger qui passaient, en boucle, ses chansons…", se souvient Mme Nina Banon, l’une des premières journalistes marocaines de radio Tanger. En 1940, il échappe à la déportation grâce à l’intervention de Si Kaddour Benghabrit. Ministre plénipotentiaire au Maroc sous le protectorat et premier recteur de la grande mosquée de Paris, inaugurée en 1926 par Moulay Youssef et dont le premier appel à la prière fut lancé par la voix du ténor Mahieddine Bashtarzi. Il lui délivre une attestation de conversion à l’Islam au nom de son père et fait graver le nom de ce dernier sur une tombe abandonnée du cimetière musulman de Bobigny ! Non seulement le recteur le sauve des fours crématoires nazis, mais l’engage au café maure de la mosquée où il s’est produit en compagnie de grands artistes tels Ali Sriti et Ibrahim Salah ! Kaddour Benghabrit est certes un "Alem", docteur en foi, mais aussi un grand mélomane. En tant que luthiste et violoniste, feu Mohammed V le désigna membre de la délégation marocaine au congrès de la musique arabe du Caire de 1932 ! ca nous change des " figures " actuelles de l’Islam de France et leurs bysantines polémiques sur la viande Halal et autres bandanas et fichus foulards ! En 1947, il crée à Paris le cabaret oriental Ismaïlia Folies dans un hôtel particulier qui appartenait à Ferdinand Lesseps (ingénieur du canal de Suez ), situé dans la prestigieuse avenue Montaigne. Ceux qui l’ont fréquenté se souviennent de ses folles soirées avec une clientèle huppée à l’instar d’un roi Farouk d’Egypte, de sa cour et des stars d’alors, Mohamed Abdelouahab et Oum Keltoum.
En 1948 il en crée un autre, rue Colisée , le Sérail. Au sommet de sa carrière, il choisit de vivre au Maroc où il est accueilli par les grandes familles. Il y installe , en 1949, dans l’ancienne Médina de Casablanca, le fameux Coq d’Or, l’un des plus prestigieux cabarets au monde où se sont produits les plus grands artistes (Fouiteh, Hajja Hamdaouia, Maâti Belkacem, Line Monty, Blond Blond, Lili Bouniche, Safia Rochdi, Latifa Amal, Warda al jazairia, Raoul Journo….). Ce fut l’époque de la convivialité et de la symbiose judéo-arabe, évoquées, avec nostalgie, par Mohamed Maradji dans son livre "Salam Shalom", publié dans les années soixante-dix. En ami, il sauvegarde la mémoire iconographique de l’artiste et possède, comme relique, l’une de ses fameuses " Derbouka ". Salim Halali ne quitte le Maroc qu’au début des années soixante pour s’installer sur la Côte d’Azur. En 1970, il se lance dans une carrière en France, investit dans de ruineux studios faisant venir les meilleurs musiciens du monde arabe, se produit à la salle Pleyel avant de se retirer, une deuxième fois, à Cannes pour se consacrer à sa passion d’antiquaire, de collectionneur de tapis persans, bibelots et autres objets d’art… Les années marocaines Au Maroc, bien qu’il ne passait plus à la radio ( les bandes de Salim, de Samy Elmaghribi, de Zohra Elfassia et d’autres se sont évaporées des archives des radios nationales !? ), le souvenir de son séjour reste intact au fin fond de la mémoire de ceux qui l’ont fréquenté, aimé, écouté et Dieu sait s’ils sont nombreux . (les grandes familles, les artistes mais aussi les humbles). Les témoignages sont unanimes. Ils évoquent surtout son grand cœur et sa générosité inouïe. Salim donnait tout ce qu’il possédait jusqu'à, ses vêtements et ses bijoux. Il gâtait ses musiciens et offrait, à chaque fête de l’Aïd el Kebir, un camion de moutons aux pauvres de l’ancienne Médina. Une fois, il anima un gala au cabaret Rissani, actuelle place d’armes , place Mohammed V à Casablanca. Il débarqua avec quelques tableaux de valeurs qu’il mit en vente aux enchères. Un gros bonnet de la place fut le premier à lever la main pour la première toile annonçant le chiffre de cinq millions de centimes. La réplique de Salim, ses colères sont mémorables, fut cinglante. "Que dieu maudisse la religion de ta mère. Toi, fils d’un tel, propriétaire des sociétés X et Y, tu ne donnes que cinq millions ! Tu n’as pas honte ? Pour si B. ça sera vingt-cinq millions. Adjugé !". Il passa ainsi la soirée à plumer les bourgeois de Casa au profit du Croissant Rouge Marocain. Il parait que cheb Khaled est allé le voir, accompagné de son impresario, pour lui acheter les droits de l’une de ses chansons. Il eut cette réponse, " Tu mets le prix que tu veux. Une fois fixé, tu le divises en deux. 50% pour les orphelins des musiciens algériens et le reste pour le centre où je finis mes jours. Moi je ne veux pas d’argent. " Interloqué par une telle seigneuriale offre, à laquelle il ne s’attendait pas, le roi du Raï fut très, très généreux… Une fois, Albert Kakon, son voisin de l’ancienne Médina et ancien client , devenu par la suite l’un de ses amis intimes, débarqua au Coq d’or vers vingt-trois heures pour s’y retrouver nez à nez avec un seul client ! Une soirée de perdue pour le prestigieux établissement. Salim, en colère, lança au personnel, " fermez la porte et n’ouvrez plus à personne, même pas au Pape. Ces messieurs sont mes invités". Il les rejoint à table et passèrent la nuit à siroter, à l’œil, du bon Whisky et à l’écouter, accompagné du luth, leur chanter " ya lil ya aïn "… Ainsi fut Salim Halali. Un artiste total, esthète, décalé et hédoniste . Ce cosmopolite aux identités multiples, a fini ses jours, début juillet 2005, dans l’anonymat et la déchéance, dans un hospice de Vallouris ( région de Nice). Incinéré , suite à son souhait testamentaire, ses cendres seront-elles accueillies, en offrande, par la mer Méditerranée qu’il a tant célébrée et chantée ? " Méditerranéen, je suis, croyez- moi Méditerranéen , je le suis dans la voix je le suis dans l’amour je le serai toujours… "

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Re: Les articles a sa memoire

Message  nona le Jeu 26 Juin 2008 - 19:06

Salut Papa ....le plus grand fan de Salim......

Malgre mon jeune age par aport a tous ceux qui ont grandit
sur sa musique, moi aussi j'e l'ai decouvert a la maison
ses melodies andalouses et j'ai beaucoup aimee le rythme.

Bravo..... a la fin tu as reussi ton projet et ton reve
de rendre honneur a ce grand virtuose de la musique
orientale et Arabo-Andalou

Job well done ......
Dear Daddy
Nona
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Re: Les articles a sa memoire

Message  kaki le Jeu 26 Juin 2008 - 20:56

...salam tres cher frere moris...comme le dit si bien pa tetite nona qui doit etre grande de coeur...bravo d voir reussi a mettre en ligne ta passion pour monsieur salim lahlali que je partage sans reserve et le meilleur insha allah est encore a venir...j ai eu le plaisir de parler au telephone avec la journaliste chadwane je pense la rencontrer prochainement et bien sur il sera question de salim...moris et le coq d or...encore bravo mon frere et bonne continuation...kaki...
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Re: Les articles a sa memoire

Message  Admin le Jeu 26 Juin 2008 - 21:18

*** ah mon cher frere Kaki-Tazi

quel plaisir de te lire sur ce forum qui est tout 100% Salim halali

bonnes nouvelles avec la journaliste Chadwane

j'ai lu ta reponse sur mon mail ........inchallah c'a va reussir
j'ai un livre que ma fille Nona m'a offert
comment ecrire un scenario etape par etape

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